Retour aux pathologies

Poignet

Tendinite de De Quervain

La tendinite de De Quervain correspond à une inflammation de la gaine qui entoure deux tendons du pouce au bord externe du poignet : le long abducteur et le court extenseur. Le conflit entre les tendons et leur tunnel provoque une douleur lors des mouvements du pouce et du poignet.

Anatomie du tendinite de de quervain

01

Comprendre la tendinite de De Quervain

Deux tendons participant aux mouvements du pouce cheminent ensemble dans un tunnel fibreux situé au bord externe du poignet : le long abducteur du pouce et le court extenseur du pouce. Cet ensemble constitue le premier compartiment dorsal des extenseurs.

Lorsque leur gaine s’épaissit ou s’enflamme, les tendons coulissent moins librement. Le frottement répété dans ce tunnel entretient alors l’inflammation et la douleur. La maladie peut apparaître après une activité manuelle répétée, une sollicitation inhabituelle ou un choc, sans qu’une cause précise soit toujours retrouvée.

02

Quels sont les symptômes ?

La douleur siège typiquement à la base du pouce, sur le bord externe du poignet. Elle est souvent réveillée par les mouvements combinant la préhension, l’inclinaison du poignet et la mobilisation du pouce.

  • Douleur lors de la préhension, de l’ouverture d’un bocal ou du port d’un enfant
  • Sensibilité au toucher sur le trajet des tendons
  • Gonflement local ou sensation d’épaississement au bord du poignet
  • Irradiation possible vers le pouce ou l’avant-bras
  • Parfois petit kyste au sommet du tunnel tendineux
Une irritation nerveuse parfois associée

L’inflammation peut irriter une branche sensitive du nerf radial, située à proximité immédiate, et provoquer une hypersensibilité cutanée ou des décharges électriques sur le dos du pouce.

03

Comment établir le diagnostic ?

Le diagnostic est essentiellement clinique. Le chirurgien précise les circonstances d’apparition, localise la douleur et recherche sa reproduction lors de la mobilisation du pouce et du poignet.

Des radiographies peuvent éliminer une cause osseuse ou articulaire. Une échographie peut montrer l’épaississement de la gaine, l’inflammation des tendons, une cloison anatomique ou un kyste associé. Une IRM n’est utile que dans certaines situations particulières.

04

Quels sont les traitements ?

Le traitement de première intention est médical. Il vise à diminuer l’inflammation et les frottements afin de permettre aux tendons de retrouver un coulissement indolore.

  • Adaptation ou interruption temporaire des gestes déclencheurs
  • Port d’une attelle immobilisant le poignet et le pouce
  • Traitement antalgique ou anti-inflammatoire selon les contre-indications
  • Kinésithérapie avec physiothérapie dans certaines situations
  • Infiltration de corticoïdes dans la gaine tendineuse
Quand envisager une intervention ?

La chirurgie peut être proposée lorsque le traitement médical reste insuffisant, lorsque les symptômes récidivent ou lorsqu’il s’agit d’une forme d’emblée sévère.

05

Le traitement chirurgical

L’intervention est le plus souvent réalisée en ambulatoire, sous anesthésie locale ou loco-régionale. Par une courte incision au bord externe du poignet, le chirurgien ouvre la gaine du premier compartiment dorsal afin de supprimer le conflit et de redonner de l’espace aux tendons.

Les différents sous-compartiments sont recherchés afin que chaque tendon soit correctement libéré. Si la branche sensitive du nerf radial est irritée, elle peut également être dégagée. Un éventuel kyste associé peut être retiré dans le même temps.

Objectif de l’intervention

L’ouverture du tunnel diminue les frottements responsables de l’inflammation, tout en conservant les tendons et leur fonction.

06

Les suites opératoires

La sortie a généralement lieu quelques heures après l’intervention. La mobilisation des doigts, du pouce et du poignet est le plus souvent immédiate, en évitant les efforts importants pendant la cicatrisation.

Une attelle provisoire peut être prescrite lorsque l’inflammation initiale est marquée. L’auto-rééducation est habituellement suffisante, mais quelques séances de kinésithérapie peuvent être utiles si la mobilité tarde à revenir.

La douleur s’améliore progressivement et la fonction du pouce et du poignet est généralement rétablie en quelques semaines. Une sensibilité de la cicatrice et un œdème local peuvent persister temporairement.

07

Complications possibles

Comme toute intervention, cette chirurgie comporte des risques généraux et des risques liés à la proximité des tendons et de la branche sensitive du nerf radial.

  • Hématome ou infection de la cicatrice
  • Algodystrophie avec douleur, gonflement et raideur
  • Hypersensibilité cicatricielle ou œdème persistant plusieurs semaines
  • Irritation, adhérence ou lésion de la branche sensitive du nerf radial
  • Lésion exceptionnelle d’un des tendons concernés
  • Récidive, exceptionnelle mais possible
Quand recontacter l’équipe ?

Une douleur anormalement croissante, une rougeur, un écoulement, une fièvre, une perte de sensibilité nouvelle ou une raideur importante doivent conduire à reprendre contact avec l’équipe soignante.

08

Résultats et récupération

La chirurgie est habituellement efficace sur les douleurs lorsque l’indication est bien posée. Le pouce et le poignet retrouvent progressivement une utilisation confortable au cours des semaines suivant l’intervention.

La récupération dépend de l’ancienneté des symptômes, de l’importance de l’inflammation et des éventuelles pathologies associées. Une gêne cicatricielle transitoire ne signifie pas nécessairement que la tendinite persiste.

Une question sur cette pathologie ?

Parlez-en avec un spécialiste

Contacter le secrétariat