Retour aux pathologies

Main & poignet

Syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien correspond à la compression du nerf médian à l’intérieur du canal carpien, au niveau du poignet. D’abord responsable de fourmillements souvent nocturnes, cette compression peut progressivement altérer la sensibilité, la force et la précision de la main.

Anatomie du syndrome du canal carpien

01

Comprendre le canal carpien

Le canal carpien est un passage anatomique situé à la face palmaire du poignet. Il est formé par une gouttière osseuse, fermée en avant par le ligament transverse. Les tendons fléchisseurs des doigts longs et du pouce y cheminent aux côtés du nerf médian.

Le nerf médian est à la fois sensitif et moteur. Il assure notamment la sensibilité de la face palmaire des trois premiers doigts et commande certains muscles de la base du pouce, appelés muscles thénariens. Lorsque l’espace devient insuffisant, le nerf est comprimé : c’est le syndrome du canal carpien.

02

Quels sont les symptômes ?

Les premiers signes sont le plus souvent des fourmillements nocturnes dans le pouce, l’index et le majeur. Ils peuvent réveiller la nuit, puis devenir plus fréquents ou permanents à mesure que la compression évolue.

  • Fourmillements ou engourdissement des trois premiers doigts
  • Perte de sensibilité au bout des doigts
  • Maladresse et lâchage involontaire d’objets
  • Perte de force, voire fonte musculaire à la base du pouce dans les formes avancées

03

Comment confirmer le diagnostic ?

L’interrogatoire et l’examen clinique orientent le diagnostic. Un électromyogramme est généralement réalisé : cet examen étudie la conduction du nerf, confirme sa compression et en quantifie l’importance. Le résultat aide le chirurgien à choisir le traitement adapté.

04

Quels sont les traitements ?

Dans les formes débutantes, un traitement non chirurgical peut être proposé. Lorsque ces mesures ne suffisent plus, ou si la compression est sévère dès le diagnostic, une intervention peut être indiquée.

  • Port d’une attelle pendant la nuit
  • Infiltration de corticoïdes au niveau du poignet
  • Section du ligament transverse afin de redonner de l’espace au nerf médian
L’intervention

La libération du canal carpien est le plus souvent réalisée en ambulatoire, sous anesthésie locale ou loco-régionale. Le ligament peut être ouvert par une courte incision au talon de la main ou, selon la technique retenue, par une courte incision à la base du poignet à l’aide d’une caméra.

05

Les suites opératoires

Le retour à domicile a généralement lieu quelques heures après l’intervention. Dès la levée de l’anesthésie, il est possible de bouger les doigts, la main et le poignet, sans effectuer de gestes de force.

Le pansement doit rester propre et sec et être refait selon les consignes. Les fils sont habituellement retirés par une infirmière après 10 à 15 jours ; la cicatrice peut ensuite être massée avec une crème hydratante.

La kinésithérapie n’est généralement pas nécessaire. Le chirurgien peut toutefois recommander des exercices simples à réaliser soi-même. Une douleur au talon de la main, notamment lors des appuis ou du serrage, ainsi qu’une diminution de force peuvent persister entre six semaines et trois mois.

La durée de l’arrêt de travail dépend de l’activité professionnelle : elle peut aller de quelques jours pour un métier non manuel jusqu’à environ un mois pour un travail manuel ou sollicitant la force.

06

Complications possibles

Les complications sont rares, mais elles doivent être connues et surveillées après toute intervention.

  • Infection : douleur inhabituelle, rougeur, gonflement, écoulement ou ouverture de la cicatrice
  • Algodystrophie : douleur et raideur diffuse des doigts et du poignet, avec une récupération parfois lente
  • Lésion d’un nerf ou d’un tendon : complication exceptionnelle liée à la proximité des structures
  • Récidive : rare, dans moins de 10 % des cas, mais pouvant parfois conduire à une nouvelle libération du nerf
Quand recontacter l’équipe ?

Une douleur anormale, une rougeur croissante, un gonflement, un écoulement de la cicatrice ou une raideur inhabituelle doivent conduire à reprendre contact avec l’équipe soignante.

07

Résultats et récupération

Les fourmillements nocturnes disparaissent le plus souvent en quelques jours. Dans les compressions sévères, cette amélioration peut demander plusieurs semaines.

Une perte de sensibilité présente avant l’intervention peut récupérer grâce à la repousse nerveuse. Ce processus est lent, de l’ordre de six mois, et peut rester incomplet, notamment chez les patients âgés.

La force revient progressivement au cours des mois suivants. Lorsqu’une fonte musculaire importante était déjà présente avant l’opération, la perte de force peut toutefois être définitive.

Une question sur cette pathologie ?

Parlez-en avec un spécialiste

Contacter le secrétariat